Ce bonheur lacté… ou presque

4 mois de moi, 4 mois de toi, 4 mois d’allaitement. Cet allaitement que j’ai tant rêvé. Un allaitement exclusif, une promiscuité, ces moments d’intimité… et ces galères ! Car il faut se l’avouer, contrairement à une idée reçue un peu idyllique allaiter ne coule pas de source et peut vite devenir « la mère à boire »

Parce que l’allaitement est un choix personnel ; parce que ce n’est pas aussi simple que naturel et parce que l’on peut être face à une désinformation ; parce que l’on peut avoir besoin d’aide ; parce que même 3 jours, 1 semaine, 1 mois, des mois ou des années d’allaitement est un chemin semé d’embûches ; parce que les débuts sont particulières difficiles et qu’on fait ce qu’on peut plutôt que ce qu’on veut, je n’ai pas honte de le dire : Non l’allaitement n’a pas toujours été un « un bonheur lacté » pour moi.

Dans 1 mois aura lieu (du 14 au 20 octobre 2018) la semaine de mobilisation autour de l’allaitement. L’occasion pour moi de revenir sur ces 4 mois uniques entre larmes et plénitude.

NB : Ceci est mon histoire, mon expérience et mon approche de l’allaitement. Je ne suis pas conseillère en lactation. Chaque maman, chaque bébé, chaque situation étant différente, les solutions que j’ai trouvé et les conseils que j’ai reçu ne vont peut-être pas s’appliquer à votre allaitement. Si vous avez le moindre doute je ne peux que vous conseiller de vous rapprocher d’une consultante en lactation IBCLC (IBCL pour « International Board of Lactation Consultant Examiners » qui est un organisme international indépendant d’accréditation qui valide les formations des consultantes en lactation) en vous rendant sur le site de l’association française des consultants en lactation ou sur le site de la leche league France.

Un 1er mois passé au crible

Ce mercredi 28 mars 2018, quand une tornade d’émotions traverse nos vies. Le début d’une nouvelle vie à 4 et le début de ce bonheur lacté auquel je me suis tant préparé. Il est là, il est beau, il est si petit. Le peau à peau comme préliminaire, ce contact est si fort. Dès les premières minutes le lien se crée. Comme un petit animal sauvage, les yeux encore fermés, il ouvre déjà la bouche. La tétée n’est pas efficace mais qu’importe, son réflexe de succion est inné. Je n’ai qu’à lui faire confiance. Nous n’avons qu’à nous faire confiance.

Nous faire confiance et  récupérer de cette nuit inoubliable. La première journée est calme, Marceau dort beaucoup. Il faut dire que notre naissance était éreintante.

Mais apparemment nous n’avons pas le même temps de récupération… Marceau est-il un futur sportif de haut niveau ? Je me pose la question ^^ Car après une première journée de récupération ce petit bout est déjà paré à faire la Java. Moi, un peu moins.

Ahh la java… la java de Broadway, et les paroles de Sardou « C’est peut-être pas la vraie de vraie, La java de Broadway, Oui mais c’est elle qui plaît… ». Enfin en l’occurrence elle ne m’a pas bien plu cette Java mais j’étais préparée. Le topo est souvent le même pour toutes les mamans, des pleurs toutes les heures, au sein continuellement, ce besoin de contact… et la fatigue qui nous gagne. Et déjà mes mamelons sont malmenés. 24h auront eu raison de mes petits tétons qui sont d’ores et déjà ensanglantés. Salut toi, petites crevasses, petites coupures qui vont me rendre la vie dure, petites gerçures qui vont me pousser dans mes retranchements. Il me tarde alors de rencontrer une conseillère en lactation pour valider ma position d’allaitement, souvent la raison de l’apparition de ces vilaines blessures. En attendant j’utilise mon arme secrète DIY (blague de mamallaitante merci) : le colostrum rempli d’anticorps et de facteur de croissance. En l’appliquant après chaque tétée, il évite la surinfection et favorise la régénération de la peau.

Je me fais déjà violence pour ne pas succomber à l’appelle des biberons de complément gracieusement « proposés » par les sages-femmes de nuit. « Allez-y, donnez-lui un petit complément, au moins vous pourrez dormir »… Non. Même les bébés au lait artificiel ont cette nuit de Java. Plus d’appréhension que de faim alors. Il faut dire qu’ils ont eu un sacré bouleversement. Il ne me reste alors qu’à le calmer, le rassurer, le câliner et le mettre au sein. Le colostrum a la même odeur que le liquide amniotique, son petit nid des 9 derniers mois alors il s’apaise et s’endort dès que quelques gouttes effleurent ses lèvres… avant de se remettre à pleurer 1 heure plus tard. Tant pis, je dormirai une autre nuit.

Une consultante en lactation valide ma position dès le lendemain. Un soulagement. Mais alors pourquoi autant de crevasses ? Le nombre de tétées en est certainement la cause. C’est ça de faire la fête toute la nuit.

L’allaitement est à la demande alors je guette les premiers signes d’éveil pour le mettre au sein et favoriser ma montée de lait. Mouvements des yeux, des lèvres, de la tête, agitation, main à la bouche ? Ah mais Marceau est déjà au sein ? Oui… Marceau a en effet déjà adopté le principe du buffet à volonté. Il ne va pas être question de lui limiter le nombre d’assiette, il l’a bien compris, ce serait de la publicité mensongère ^^ J’alterne sein droit, sein gauche, et pour me rassurer malgré un allaitement à la demande, je note chaque tétée, sa durée. Je sais que cela ne va pas durer mais ce petit cahier est mon arme pour prendre confiance.

La deuxième nuit est elle aussi teintée de rouge avec en supplément une petite frayeur lorsque Marceau régurgite du sang… enfin du colostrum teinté de sang. Cette nuit aura eu son lot de fatigue mais se finit par une petite victoire : seins tendues ? Augmentation de volumes ? Bonjour toi ! Car comme en théorie (vous savez là où tout se passe bien), j’ai ma première montée de lait au troisième jour. Comme une envie de dabber ou prendre la pose à la Usain Bolt. Il n’y a pas de petites victoires, je vous le dis !

Et déjà je suis fière de moi, fière de nous. Marceau ne perdra que 150g en 2 jours et récupérera son poids de naissance dès le troisième jour. Jour de notre sortie de la maternité.

Retour à la maison

J’avais hâte de rentrer à la maison, hâte de retrouver ma petite Jade et trouver notre équilibre familial à 4. Mais les débuts ne sont pas si simples. Les débuts ne sont jamais si simples. Cocoonée à la maternité, me voilà plongée dans le grand bain des tâches quotidiennes. Un œil inquiet sur la pile de linges à repasser,  un regard dubitatif  sur le sol de la maison et l’inquiétude me gagne à l’idée de préparer les repas. La bienveillance de mon mari est devenue alors le pilier de mon allaitement. Loin d’être exclu, il tient alors un grand rôle : Il est le gardien de cette bulle de douceur et de ce calme nécessaire pour s’apprivoiser l’un l’autre.

Car il fallait non seulement que l’on trouve, Marceau et moi, une certaine harmonie et rythme de croisière mais surtout que j’apprivoise ma nouvelle fonction nourricière… et cela n’a pas été le plus simple. Pendant l’allaitement, j’ai souvent entendu des mamans s’inquiéter de manquer de lait. Mais ici, c’était tout l’inverse. Depuis ma première montée de lait, je ne savais plus comment gérer cette quantité folle de lait : trop de lait, trop vite, trop fort.

Déjà familière, grâce à Jade, avec ce phénomène qui reste pourtant tout autant mystérieux pour moi, j’avais un nom à mettre sur ma difficulté : le REF. Un Réflexe d’éjection fort. Un REF couplé avec une lactation abondante…Et je relis les mots de la leche league à ce sujet : « cela donne une mère qui, au lieu de livrer son lait goutte à goutte, le livre au Karcher ». Et il ne s’agit pas d’une exagération. Vraiment.

Le lait sortait si fort que Marceau s’étranglait et s’énervait à chaque début de tétée. Il déglutissait très fort, comme si vous essayez de boire un grand verre d’eau d’une seule gorgée, et se mettait systématique à pleurer de frustration. Lorsque Marceau se retirait du sein après les premières gorgées, le lait sortait en jets lui éclaboussant le visage. J’ai d’ailleurs réussit à atteindre le rideau de ma chambre situé à 2 m de mon lit ! Un record à inscrire dans le livre Guinness des records dans la rubrique « insolite ». J’étais même obligé de mettre un lange sur le sein non tété pour ne pas finir trempé…

Un remake du spectacle 4D des fontaines du Bellagio se jouait plusieurs fois par jour à la maison…

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J’en rigole maintenant mais ce n’était pas si facile que cela au quotidien et en société ! Imaginez-vous au restaurant, mettre délicatement votre bébé au sein pour l’allaiter… et arroser malencontreusement la table d’à côté… oui, c’est du vécu…

Au fur et à mesure de l’allaitement, quelques petites astuces m’ont permis heureusement d’apprivoiser le tsunami. J’ai appris à identifier les montées de lait et notamment la première (la plus forte) pour retirer Marceau et lui éviter un raz de marée. J’exprimais mon lait en début de tétée pour diminuer la pression. Et surtout j’ai su identifier les positions les plus adéquates à un REF à savoir la position couchée.

Les coussinets d’allaitement étaient devenus mes meilleurs amis. Je pouvais facilement passer une boite de 100 coussinets d’allaitement dans la semaine. (et sans partenariat… j’en lève les yeux au ciel ! ahah !)

Cette toute première semaine. Le rythme est encore aléatoire, on se cherche, on se comprend, on s’use, on s’abuse.

Dans cet endroit idyllique où tout se passe bien (la théorie encore) les bébés tètent en moyenne entre 8 à 12 fois par 24h… mais nous sommes à 20 tétées (parfois plus) pour cette première semaine.

Fort besoin de succion ou de tétées câlins… je découvre mon petit Marceau et ce désir intense de contact physique : bercés pendant 9 mois au creux de mon ventre, Marceau ne supporte pas la solitude statique de son berceau. Le bruit de mon cœur qui bat, les calmes mouvements de ma respiration, la douce odeur familière du lait. Ce tout, ce moi, ce qui le rassure.

Alors je laisse Marceau me guider et téter aussi souvent qu’il le veut. C’est un allaitement à la demande paraît-il. Alors que diriez vous si on vous vendait un buffet à volonté mais qu’on vous limitait ensuite à 4 assiettes ? Pas de planning, pas d’horaire d’ouverture, la boutique est ouverte 7 jours sur 7, 24h sur 24 ^^

A mesure de nos nuits et de nos jours passés l’un à côté de l’autre nos rythmes s’accordent. Les montées de lait coïncident avec son éveil, les réveils se font alors moins rudes et les tétées plus calmes. 

Tout serait parfait, même cette accumulation de fatigue à laquelle je me fait, si la douleur n’était pas si intense. Exit la solution naturelle made in mamallaittante d’appliquer en fin de tétée quelques gouttes de lait sur le mamelon maintenant j’applique en plus une noisette de lanoline (Purelan 100) pour m’aider à cicatriser. Car là, j’ai mal. Et quand j’ai mal, je culpabilise. Les soirées sont particulièrement éreintantes. Les tétées en grappe entre 17 et 22h, toutes les heures, sans pause, sans répit… faire face aux pleurs de décharge, d’excitation ou d’énervement m’auront valu quelques larmes à moi aussi. 

La douleur est si intense que la mise au sein le soir est une épreuve. Je pleure, je serre les dents, je tape du poing pour ne pas priver mon bébé. Mais j’ai si mal… Normalement allaiter ne doit pas faire mal mais cela peut arriver. Quand les mamelons n’ont plus de repos, que la fatigue devient intense, que le moral est en berne. Je fais encore le point à chaque tétée pour m’assurer d’avoir une bonne position et me répète ma check list pour créer des automatismes : bouche grande ouverte ; Marceau face à moi, ventre contre ventre, tête légèrement inclinée vers l’arrière  ; Oreille, épaule et hanche de bébé sur une même ligne droite.

Car non l’allaitement n’est pas aussi naturel et spontanée qu’on voudrait bien nous faire croire. Il est d’abord question de confiance et la période post-partum n’est pas celle où notre confiance est à son paroxysme.

Mais rien n’y fait, j’ai mal, je ne cicatrise plus. Alors un soir, je fonds en larmes devant la douleur. Mon mari est impuissant, n’ose pas me proposer d’aller chercher du lait de complément, veut me soutenir mais se trouve démuni. Je vois ma sage-femme le lendemain, mais je ne me sens pas capable de résister encore une nuit avec une telle douleur. Il est 22h quand mon mari part me chercher des bouts de sein en silicone. On prie pour un miracle.

Ces petits bouts de seins m’auront alors permis de passer la nuit à allaiter sur des mamelons endoloris s’accordant alors un peu de répit pour cicatriser.

Ma sage femme, une professionnelle de l’allaitement, est une grande aide dans mon allaitement et ma principale (si ce n’est exclusive) source de conseils. Car je ne veux pas  me disperser dans les avis. Pour Jade, en quête de réponses, dans le souci de bien faire, je me suis laissée envahir par un nombre incalculable de conseils. Entre bouleversement physique, psychologique, ma vulnérabilité du moment aura eu raison de ma force de caractère habituelle. Pas facile de garder son bon sens entre toutes ces instructions multiples et contradictoires quand la douleur est présente et que le doute nous gagne. Alors, exit l’histoire de tata Micheline qui a eu un engorgement, de la voisine qui a eu une mastite ou de la cousine dont le bébé n’a jamais réussi à trouver le téton. Bienveillance et encouragement, je m’entoure de personnes qui ont eu des expérience s positives de l’allaitement.

Je vais y arriver.

Et qu’est ce que ça fait du bien d’en parler. Je ne louperais pas ce rendez-vous hebdomadaire avec ma sage-femme pour discuter allaitement. La position est validée, le lait coule à flot, Marceau grossit bien.

240g la première semaine et +330g la deuxième. La cantine est bonne m’a dit la sage-femme ^^ Ces nouvelles sont d’un tel réconfort ! Petit loup à déjà passé les 4 kg et le 1 mois ne va pas faire long feu… déjà !

Ensemble on trouve également quelques pistes à explorer.  Dans les prochains jours, je stimule un peu plus Marceau pour que les tétées durent plus longtemps mais soient moins fréquentes. Tous les bébés sont différents, mais on s’accorde à dire qu’une tétée de 10 minutes est un peu trop courte et une tétée de 45min-1h un peu trop longue. Pour les tétées en grappe des décharges du soir, je m’accorde un peu de souplesse en lui donnant la tétine, son besoin de succion étant très fort.

Je délaisse très vite les embouts de sein en silicone, Marceau n’étant pas très à l’aise pour téter avec. Mais ils auront eu le mérite de permettre à mes mamelons de se refaire une santé.

Je découvre également par le biais de La cigogne française un autre article qui favorise la cicatrisation et SURTOUT soulage des douleurs des crevasses, les coquillages de nacre. Imaginez juste le frottement de bouts de seins sensibles et endoloris sur un tissu pendant une journée entière… Oui parce que se balader seins nus n’est pas encore d’actualité en France… un supplice ! Les coquillages sont ma seule alternative pendant quelques jours. Ils se glissent dans le soutien-gorge, invisible. En évitant les frottements des mamelons sur le tissu, ils favorisent l’hydratation et la cicatrisation en maintenant la peau au contact du lait ou de la crème cicatrisante que j’applique. Je ne dirais pas que c’est la panacée… mais ça y ressemble fortement !

Et malgré les difficultés de l’allaitement, ces moments privilégiés avec mon tout petit me donne la force de continuer. J’ai déjà pensé à abandonner mais jamais longtemps. De la douleur, de la fatigue, de l’incompréhension… et puis il y a ces moments de partage, notre bulle rien qu’à nous, cette petite prolongation de la grossesse qui me permet égoïstement de l’avoir encore rien qu’à moi quelques heures par jour ♥️

Le rythme des tétées est maintenant plus régulier et se rapproche de la douce mélodie de la théorie. Entre 8 à 12 tétées par jour… une aubaine pour mes mamelons ! Ni la mise au sein, ni la tétée n’est douloureuse et j’utilise encore quelques fois mes coquillages de nacre en préventif. Un mamelon averti en vaut deux.  Je goûte enfin ce bonheur lacté. Le premier mois d’allaitement est déjà bien entamé, le calme, la sérénité avec une once de fierté.

La pause idyllique sera tout de même de courte durée. Loin des douleurs mamelonesques (oui ce mot n’existe pas) des premières semaines c’est maintenant au tour de mon petit loup de subir les affres des débuts.

Jade a essuyé les plâtres de notre désinformation, cette maudite œsophagite qui aura eu raison de mon allaitement. Pour Marceau, les symptômes ont raisonné en moi comme une alerte. Aussitôt détecté, aussitôt diagnostiqué, notre petit loup à une œsophagite qu’il faut traiter. Polysilane, Gaviscon, Inexium. Foutu RGO.

2ème mois d’allaitement

Le rythme est pris. Je suis à l’aise avec l’allaitement et la façon de le conjuguer avec ma vie. Allaiter ne m’oblige pas à rester toute la journée sur le canapé ou devant la télé. Les positions sont même devenues des automatismes.

Je me sens épanouie dans ce nouveau rôle de mamallaitante. Ma place est toute trouvée. La douleur des mises au sein est déjà loin derrière moi et je reprend plaisir à lire et écrire tout en donnant le sein. J’ai même pris assez confiance pour ne pas rester enfermer, sortir de chez moi et allaiter quelque soit l’endroit. Pour un peu plus d’intimité je prends toujours avec moi un maxi lange même si ce n’est pas indispensable. Je suis de ces mamans qui aimeraient que ce geste soit naturel et intégré dans la vie alors même si au début j’étais un peu gênée à l’idée d’allaiter en public, je me suis persuadée que je devais être fière de ce choix.

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J’ai même investit dans quelques vêtements d’allaitement (enfin !) pour être plus à l’aise en société justement. J’ai un net coup de cœur pour la marque française au nom évocateur du plus grand cliché de grossesse Envie de Fraise mais j’aurais adoré connaitre plus tôt la marque Tajine Banane. Avec confiance, j’apprends également à donner le sein dans l’écharpe de portage, je vous ai dit que j’étais fière ?

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Il faut dire qu’avec le RGO de Marceau, les sorties et l’écharpe de portage sont ma seule échappatoire de nos journées en tête à tête. Pas de relève juste de la patience. Marceau souffre, Marceau pleure. La famille subit… et je termine souvent ma journée en larme.

3ème mois d’allaitement

Quand la tétée est un incompréhensible chao, la digestion un douloureux calvaire, le sommeil une douce utopie… Que bébé n’est jamais calme, qu’il se tortille, s’agite, régurgite, s’étouffe, tousse, râle, pleure, hurle, s’égosille, se tend, se tord, sursaute… et ce quelque soit l’heure, de jour comme de nuit, avant, pendant, après avoir mangé… vis ma vie de « Maman d’un bébé avec RGO« .

On augmente les doses d’inexium, on tente l’ostéopathe, on prend une carte de fidélité chez le pédiatre et on attend… patience et bienveillance nous dit-on. On m’encourage à continuer l’allaitement exclusif, j’arrête de manger des protéines de lait de vache et les journées sont de plus en plus longues. L’irritabilité a gagne toute la famille. On ajoute par dessus une belle petite varicelle pour Jade (l’horreur !) et pour Marceau et vous aurez le combo gagnant pour un nouveau titre de film « Depression… et des enfants ».

Je tente d’être optimiste, mon nouveau cheval de bataille et m’accorde même quelques fantaisies qui me font marrer comme ce joli collier d’allaitement. Je ne l’explique pas mais Marceau s’agrippe à mes cheveux, mes vêtements et cherche tout ce qu’il peut prendre avec ses petites mains pendant les tétées. C’est comme ça qu’une jolie maman m’a alors découvrir les colliers d’allaitement Les colliers de Liloute et c’est vraiment drôle ^^ Marceau serre fort ce collier pendant les tétées. Il n’est pas mon indispensable mais peut-être bien le sien ?

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Et puis un lundi on franchi un nouveau cap dans le RGO. Après les pleurs inconsolables, les régurgitations, les jets de lait, le refus de téter, 1h30 après une tétée, Marceau vient de faire un malaise vagal… mon cœur de maman est au bord du précipice, je suis terrifiée… Je n’étais même pas au courant qu’un RGO pouvait engendrer des malaises… mais Marceau va bien, il a très vite récupéré.

L’allaitement n’est pas en cause, l’exclusion des protéines de lait semble inefficace, on s’en remet à un gastro-pédiatre qui me félicite de poursuivre mon allaitement malgré le RGO. Un peu de baume au cœur.

4ème mois d’allaitement

Marceau passe sa visite des 3 mois. Il fait 59 cm pour 5,440kg. Ça aurait pu être bien. Marceau a en effet pris 2 cm en 1 mois, tient bien sa tête, attrape les jouets et se retourne du ventre au dos ! Par contre il a pris 0 gramme… Lui qui avait une si belle courbe de poids. La faute au RGO… Encore ! En 3 mois il n’a reçu aucun biberon de complément, ma petite victoire (non, il n’y a pas de petites victoires).  Mais ce mois,  je vais débuter le lait infantile et peser Marceau tous les 2 jours. Il doit prendre 150 g par semaine.

Je peux aussi faire le choix de tirer mon lait afin d’éviter encore un peu l’introduction du  lait infantile. Tirer mon lait serait un moyen de contrôler les quantités qu’il boit.  Mais le tire lait et moi ça fait 4 et je suis fatiguée…

J’ai loué un tire lait qu’une conseillère en lactation est venue spécialement m’apporter à la maison pour me donner les téterelles adaptées à mes mamelons (on dirait bien qu’ils me passionnent ces deux là ^^). Mais je peine à faire un biberon de 120 (sauf le matin) car je n’ai aucune montée de lait avec la machine. Je sors d’ailleurs de ma tête l’idée même de tirer mon lait au travail. Finalement l’introduction du lait infantile tombe à point nommé.

Au tire-lait je lui préfère donc un petit biberon de complément (30 à 60 pas plus) en fin de tétée de lait premier âge. Mon lait n’est bien évidemment toujours pas remis en cause (il ne le sera jamais) par ma pédiatre qui m’encourage fortement à continuer l’allaitement. Mais ce mois passé était un peu particulier. 4 consultations pédiatriques pour le RGO, des fortes doses d’inexium, du polysilane en systématique et une douleur si violente à provoquer un malaise vagal.

Et il y a ce REF ! Ce REF qui a fait prendre à Marceau la fâcheuse mais non moins confortable habitude de ne pas faire d’effort pour téter. Le lait coule tout seule alors vous comprendrez bien que dès lors qu’un effort doit être fourni (lait de fin de tétée avec moins de « pression »),  il s’énerve. Et lorsqu’il s’énerve, il a des remontées, et quand il a des remontées il s’énerve encore plus… ce cercle infernal.

Alors est ce que Marceau s’arrête de téter reput ou à cause de son RGO (et de son caractère ^^) ? C’est un peu la question.

Je n’arrête pas les tétées pour autant. Je stimule Marceau comme à mon habitude pour ne pas avoir de baisse de lactation. Je lui propose en revanche un biberon en fin de tétée qui nous permettra simplement de contrôler qu’il s’arrête bien de manger « reput ».

Marceau refuse le biberon. On ne le force pas. Mais ce refus m’a fait comprendre une chose, l’introduction du biberon ne sera pas si facile. Les débuts ne sont jamais si faciles.

Alors finalement, on change de tactique ! On oublie les biberons de complément en fin de tétées et on débute sereinement et en douceur un sevrage progressif. La reprise du travail est prévue dans 1 mois et demi.

Marceau accepte au bout de quelques jours  les biberons MAM et le lait relais allaitement Gallia Calisma.

Progressive je remplace des tétées par un biberon. Au début je remplace 1 tétée tous les 3 jours, pour arriver petit à petit à l’objectif de ne garder que celle de la nuit. Marceau refuse parfois le biberon, il lui préfère la chaleur enveloppante d’une tétée. Alors je l’écoute. Notre sevrage se fait à notre rythme.

Avec un petit biberon de 120cc à la place d’une tétée dans l’après midi mon petit loup a pris 190g en quelques jours ! Cet allaitement est ponctuée de belles victoires qui compensent tous les tracas. Il a repris sa belle courbe de poids de quoi prévoir plus sereinement son entrée à la crèche.

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Alors je souffle et profite… ce sevrage progressif fait partie intégrante de la réussite de mon allaitement.

Je profite tellement que je n’ai pas été assez forte pour résister à la tentation des sirènes du marketing et j’ai craqué… Oups ! Mais à flâner dans les rayons à la recherche d’un haut blanc que j’ai déjà dans mon placard je me suis laisser surprendre par la fringale de Marceau ^^ Et voilà comment on se retrouve à allaiter dans une cabine d’essayage entourée de tout un tas de robe (et pas un seul haut blanc) pendant les soldes… on comprend mieux le temps d’attente en cabine d’essayage… ahah !

Depuis, Marceau fait ses nuits. Nous sommes maintenant sevré de ce bonheur lacté mais nos peau à peau ne se raréfient pas, l’allaitement nous a rendu fusionnel.

A ce petit bout de nous, ces 3 mois d’allaitement exclusif, ce mois d’allaitement mixte et cette nostalgie qui me gagne…

Et chez vous c’est plutôt un long fleuve tranquille ou bien la descente rapide d’une rivière sauvage ?

8 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Markiewicz Anna dit :

    Je vous tire mon chapeau 🎩 !! Vous écrivez tellement bien que ça délit tout seul!!
    Je vous souhaite du courage pour la suite et j’espère Que Marceau va mieux.

    Aimé par 1 personne

    1. MojitoAndMilk dit :

      Merci ♥️ Marceau va mieux maintenant, le temps aura eu raison de son RGO et la diversification est un plaisir. On découvre un nouveau bébé et des journées tellement sereines. C’est un plaisir 😊

      J'aime

  2. Elsa dit :

    Quel bel article, ce don pour l’écriture, j’en ai eu les larmes au yeux à plusieurs reprises. Sûrement parce que cela me renvoie à ma propre histoire, cet allaitement exclusif auquel je tient tant et qui semble bientot évoluer en mixte pour cause de reprise du boulot, après 4,5 mois de fusion totale..

    Aimé par 1 personne

    1. MojitoAndMilk dit :

      L’allaitement est une belle aventure et il est vrai que j’ai adoré cette bulle rien qu’à nous, cette exclusivité. Merci 😘♥️

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  3. ColombesMum dit :

    Merci pour ce témoignage…vous n’avez même pas eu besoin d’epaissir Le lait? Quand à disparu le RGo? Car l’inexium est prescrit 1 mois…je suis en plein dedans et je galère…

    Aimé par 1 personne

    1. MojitoAndMilk dit :

      Je n’ai pas épaissi mon lait car j’avais du mal à utiliser le tire lait que j’ai vite mis de côté. Marceau a commencé par une œsophagite vers ses 2 mois et nous sommes véritablement débarrassé de cela depuis ses 5 mois. 3 mois infernal mais c’est derrière nous.

      Aimé par 1 personne

  4. Manuela dit :

    Bonjour, je viens de lire votre témoignage. Quelle belle aventure ! De mon côté, cela fait 13 mois que j’allaite ma fille. Lors de la reprise du travail, j’ai pu continuer à lui donner mon lait car elle était gardée 3 jours par semaine et j’arrivais à tirer assez de lait. Par contre, l’introduction du biberon a été très compliquée. Dès qu’elle a été diversifiée, elle ne voulait plus de lait chez sa nounou. Cela m’a soulagée tout de même d’arrêter le tire-lait 😉

    Aimé par 1 personne

    1. MojitoAndMilk dit :

      Oh génial ! 13 mois d’allaitement quel exemple ! Elle ne boit plus du tout de lait maintenant ?

      J'aime

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